Repère SalariéLe guide des droits du salarié

Calcul de l'allocation chômage (ARE) en 2026 : simulateur, formules et exemples

Mis à jour le 25 octobre 2026Lecture : 11 min

L'allocation chômage se calcule à partir de vos salaires bruts des 24 derniers mois (36 à partir de 55 ans), ramenés à un salaire journalier de référence (SJR). L'allocation journalière est le plus favorable de 40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR, avec un minimum de 32,13 € et un maximum de 75 % du SJR. Elle est versée sur une base de 30 jours par mois, après des retenues sociales. Le simulateur ci-dessous applique ces règles à votre situation.

L'essentiel

  • SJR = salaire de référence ÷ jours calendaires de la période, jours sans contrat compris dans la limite de 70 % des jours travaillés.
  • Allocation journalière 2026 : le plus élevé de 40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR, au moins 32,13 €, au plus 75 % du SJR et 300,21 €.
  • Retenues : 3 % du SJR pour la retraite complémentaire, puis CSG et CRDS si l'allocation atteint 61 € par jour (seuil au 1er janvier 2026).
  • Exemple hypothétique : 2 500 € brut par mois pendant 24 mois donnent environ 44,38 € par jour, soit 1 331,40 € par mois.
  • Simulateur : celui de cette page estime le montant, la durée des droits et la date du premier versement ; le simulateur officiel de France Travail tient compte de chacun de vos contrats.

Simulation de l'allocation chômage 2026

Indiquez le motif de la fin de votre contrat, sa date, votre âge à cette date et votre salaire brut mensuel moyen. Si vous n'avez pas travaillé sans interruption pendant les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), précisez la date de début de votre premier contrat et le nombre de jours sans contrat entre deux emplois. Le simulateur applique les règles détaillées plus bas : salaire journalier de référence, allocation journalière, retenues sociales, dégressivité et durée des droits. Les deux derniers champs, facultatifs, servent à estimer la date du premier versement.

Simulateur d'allocation chômage (ARE) 2026

Montant journalier, versement mensuel et durée des droits, selon les règles de l'assurance chômage en vigueur.

—Renseignez votre âge, votre salaire et la date de fin du contrat.

    Estimation pour un salarié à temps plein en métropole, hors Alsace-Moselle, avec la CSG au taux normal. Les arrêts maladie, l'activité partielle et les salaires de plusieurs employeurs ne sont pas reconstitués. Seule la notification de France Travail fait foi.

    Le résultat est une estimation. Le simulateur suppose un salaire régulier sur la période. Il ne reconstitue pas les salaires d'un arrêt maladie, d'un congé maternité ou d'une activité partielle, et il ne tient pas compte d'une reprise d'activité. Il ne gère pas non plus le temps partiel, qui réduit la partie fixe et l'allocation minimale, ni la CSG à taux réduit. France Travail calcule vos droits à partir de l'attestation de chacun de vos employeurs.

    Calcul de l'allocation chômage : la méthode en quatre étapes

    Le montant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ne dépend ni de votre dernier salaire seul, ni d'un pourcentage unique. France Travail suit une méthode fixée par le règlement d'assurance chômage :

    1. Le salaire de référence : le total de vos salaires bruts sur la période de référence.
    2. Le salaire journalier de référence (SJR) : ce total divisé par un nombre de jours calendaires.
    3. L'allocation journalière : le plus favorable de deux calculs appliqués au SJR, encadré par un minimum et un maximum.
    4. Le montant versé : l'allocation journalière, moins les retenues sociales, multipliée par 30 chaque mois.

    Les valeurs indiquées sur cette page sont celles de 2026. La partie fixe et l'allocation minimale n'ont pas été revalorisées au 1er juillet 2026, faute de majorité au conseil d'administration de l'Unédic.

    Étape 1 : le salaire de référence

    La période de référence couvre les 24 mois qui précèdent la fin de votre contrat, préavis compris, ou les 36 mois si vous aviez 55 ans ou plus à cette date. Elle commence au premier jour du plus ancien contrat situé dans cette période.

    Ce qui est retenu

    • les salaires bruts soumis aux contributions d'assurance chômage qui se rapportent à cette période, y compris ceux d'emplois occupés chez plusieurs employeurs ;
    • les primes perçues pendant la période, comme le 13e mois, les primes de bilan ou les gratifications, qu'elles s'y rapportent ou non ;
    • les indemnités de congés payés versées pendant votre contrat, pour les congés que vous avez pris.

    Ce qui est exclu

    Les sommes dues uniquement en raison de la fin du contrat ne comptent pas : indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle, indemnité compensatrice de préavis ou de congés payés, contrepartie de non-concurrence, indemnité transactionnelle, indemnité versée au titre d'un compte épargne-temps lors du départ. Une indemnité de rupture élevée n'augmente donc pas votre allocation ; elle peut en revanche retarder son point de départ.

    Les plafonds et les cas particuliers

    Les salaires sont retenus dans la limite de 4 fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 16 020 € par mois en 2026. Si vous avez été en arrêt maladie, en congé maternité ou en activité partielle pendant la période, France Travail reconstitue le salaire que vous auriez normalement perçu, afin de ne pas réduire votre allocation.

    Étape 2 : le salaire journalier de référence (SJR)

    SJR = salaire de référence ÷ nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat de la période de référence.

    Ce nombre de jours comprend les jours travaillés et les jours sans contrat entre deux emplois. Ces derniers ne sont toutefois retenus que dans la limite de 70 % des jours travaillés, et certaines périodes hors contrat sont déduites. Le diviseur ne peut pas dépasser 730 jours avant 55 ans, ni 1 095 jours à partir de 55 ans.

    Conséquence pratique : pour un même total de salaires, alterner contrats courts et périodes sans emploi abaisse votre SJR, et donc votre allocation journalière. En contrepartie, ces jours allongent la durée de vos droits.

    Le SJR n'est pas affecté par le coefficient de 0,75 appliqué à la durée d'indemnisation, ni, après une rupture conventionnelle, par le plafond de 15 ou 20,5 mois. Ces règles réduisent la durée de vos droits, pas le montant de l'allocation journalière.

    Étape 3 : l'allocation journalière brute

    France Travail compare deux formules et retient le résultat le plus élevé :

    • 40,4 % du SJR + 13,18 € (partie fixe) ;
    • 57 % du SJR.

    Ce résultat est ensuite encadré :

    • il ne peut pas être inférieur à l'allocation minimale de 32,13 € par jour ;
    • il ne peut pas dépasser 75 % du SJR. Ce plafond l'emporte sur le minimum : pour un très faible SJR, l'allocation peut donc être inférieure à 32,13 € ;
    • il atteint au plus 300,21 € par jour en 2026, compte tenu du plafond de salaire.

    Si vous avez perdu un emploi à temps partiel, la partie fixe et l'allocation minimale sont réduites en proportion de votre temps de travail.

    L'Unédic publie un tableau indicatif de la formule qui s'applique selon le salaire, pour un salarié à temps plein ayant travaillé de façon continue :

    Salaire mensuel brutSalaire journalier brutAllocation journalière retenue
    Moins de 1 303,05 €Moins de 42,84 €75 % du SJR
    De 1 303,05 € à 1 426,72 €De 42,84 € à 46,91 €Allocation minimale : 32,13 €
    De 1 426,72 € à 2 415,01 €De 46,91 € à 79,40 €40,4 % du SJR + 13,18 €
    De 2 415,01 € à 16 020 €De 79,40 € à 526,68 €57 % du SJR

    La dégressivité après six mois

    Si vous aviez moins de 55 ans à la fin du contrat et que votre allocation journalière dépasse 92,57 €, elle diminue à partir du 7e mois, soit après 182 jours indemnisés. Elle est multipliée par 0,7, sans pouvoir descendre sous 92,57 €. Concrètement, une allocation comprise entre 92,57 € et 132,24 € est ramenée à 92,57 €, et une allocation supérieure à 132,24 € baisse de 30 %. Le seuil correspond à un ancien salaire d'environ 4 940 € brut par mois. Les jours de formation inscrits dans votre contrat d'engagement ou financés par votre compte personnel de formation repoussent cette baisse.

    Étape 4 : de l'allocation brute au montant versé

    Plusieurs retenues sont appliquées à l'allocation journalière :

    • 3 % du SJR pour financer votre retraite complémentaire. Cette retenue ne peut pas faire descendre l'allocation sous 32,13 €. Le montant obtenu est appelé allocation brute ;
    • la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %), calculées sur 98,25 % de l'allocation brute. Elles ne s'appliquent que si l'allocation brute atteint un seuil lié au Smic, fixé à 61 € par jour au 1er janvier 2026, et ne peuvent pas la faire passer sous ce seuil. Selon votre revenu fiscal de référence, la CSG peut être réduite à 3,8 % ou supprimée, et la CRDS supprimée ;
    • en Alsace-Moselle, une cotisation de 1,50 % au régime local d'assurance maladie lorsque l'allocation dépasse le Smic.

    Depuis le 1er avril 2025, l'allocation est versée chaque mois sur une base de 30 jours, quel que soit le nombre de jours du mois. Elle est imposable : l'impôt sur le revenu est prélevé à la source si vous êtes imposable.

    Exemples de calcul pour 2026

    Les exemples ci-dessous sont des hypothèses simplifiées : salariés à temps plein en métropole, hors Alsace-Moselle, sans prime, imposés à la CSG au taux de 6,2 %, avec une période de référence de 730 jours (24 mois). Les montants sont arrondis au centime.

    Exemple 1 : 2 500 € brut par mois sans interruption

    • Salaire de référence : 2 500 € × 24 = 60 000 €.
    • SJR : 60 000 ÷ 730 = 82,19 €.
    • Formule 1 : 82,19 × 40,4 % + 13,18 = 46,38 €. Formule 2 : 82,19 × 57 % = 46,85 €. La seconde est retenue, sous le plafond de 75 % du SJR (61,64 €).
    • Retenue retraite complémentaire : 3 % × 82,19 = 2,47 €, soit une allocation brute de 44,38 € par jour.
    • Pas de CSG ni de CRDS, l'allocation étant inférieure à 61 €.

    Résultat : environ 1 331,40 € par mois avant impôt sur le revenu (44,38 € × 30), soit environ 67 % du salaire net de 1 978,99 € qui correspond à 2 500 € brut pour un non-cadre, hors mutuelle. Vérifiez ce net avec notre calcul du salaire brut en net.

    Exemple 2 : 4 000 € brut par mois sans interruption

    • SJR : 96 000 ÷ 730 = 131,51 €.
    • Formule 2 : 131,51 × 57 % = 74,96 €, plus favorable que la formule 1 (66,31 €).
    • Allocation brute : 74,96 − 3,95 = 71,01 € par jour.
    • CSG : 71,01 × 98,25 % × 6,2 % = 4,33 €. CRDS : 0,35 €. Montant net : 66,33 € par jour.

    Résultat : environ 1 989,90 € par mois avant impôt sur le revenu. L'allocation journalière (74,96 €) reste sous le seuil de 92,57 € : pas de dégressivité.

    Exemple 3 : l'effet d'une interruption entre deux contrats

    Prenons un salarié payé 2 000 € brut par mois qui a enchaîné un CDD de 365 jours, une période sans emploi de 61 jours, puis un second CDD de 304 jours. Il a perçu 22 mois de salaire, soit 44 000 €, sur une période de 730 jours. Les 61 jours sans contrat restent sous la limite de 70 % des jours travaillés : ils comptent en entier dans le diviseur.

    • SJR : 44 000 ÷ 730 = 60,27 €.
    • Formule 1 : 60,27 × 40,4 % + 13,18 = 37,53 €, plus favorable que la formule 2 (34,35 €).
    • Allocation brute : 37,53 − 1,81 = 35,72 € par jour, soit 1 071,60 € par mois.

    Avec 24 mois de salaire continu au même niveau, le SJR serait de 65,75 € et l'allocation brute de 37,77 € par jour, soit 1 133,10 € par mois.

    Exemple 4 : la dégressivité pour un salaire élevé

    Prenons un salarié de 45 ans payé 8 000 € brut par mois sans interruption. Son SJR est de 263,01 € et son allocation journalière, avant retenues, de 149,92 € (57 % du SJR). À partir du 7e mois, elle est multipliée par 0,7 et passe à 104,94 €, montant supérieur au plancher de 92,57 €.

    ExempleSJRAllocation journalièreAllocation brute (après 3 %)Montant mensuel net estimé
    2 500 € brut, 24 mois continus82,19 €46,85 €44,38 €1 331,40 €
    4 000 € brut, 24 mois continus131,51 €74,96 €71,01 €1 989,90 €
    2 000 € brut, 22 mois sur 2460,27 €37,53 €35,72 €1 071,60 €
    2 000 € brut, 24 mois continus65,75 €39,74 €37,77 €1 133,10 €

    Durée des droits et date du premier versement

    Le montant n'est qu'une partie de vos droits. Leur durée se calcule à partir des jours de la période de référence, multipliés par 0,75 : avec 730 jours, vous obtenez 548 jours, soit 18 mois, le maximum avant 55 ans. Après une rupture conventionnelle dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026, ce maximum est ramené à 456 jours (15 mois) avant 55 ans et à 624 jours (20,5 mois) ensuite.

    Le premier versement peut aussi être retardé par un différé lié aux congés payés, un différé spécifique si votre indemnité de rupture dépasse le minimum légal (la part en excédent divisée par 111,8 en 2026, 150 jours au plus) et un délai d'attente de 7 jours. Ces règles sont détaillées sur notre page le droit au chômage et dans notre article sur le chômage après une rupture conventionnelle.

    Affiner l'estimation avec le simulateur de France Travail

    Pour une estimation personnalisée, utilisez le portail des simulateurs de France Travail. Il permet d'estimer l'allocation en cas de perte d'emploi, mais aussi en cas de reprise d'un emploi, de formation ou de création d'entreprise. Préparez :

    • les dates de début et de fin de chacun de vos contrats sur les 24 ou 36 derniers mois ;
    • vos bulletins de salaire, pour connaître les salaires bruts et les primes perçues ;
    • le motif de la fin de votre contrat, qui détermine votre droit et, en cas de rupture conventionnelle, la durée maximale ;
    • le montant de votre indemnité de rupture et de votre indemnité compensatrice de congés payés, pour anticiper les différés.

    Le simulateur et les exemples ci-dessus donnent une estimation. Seule la notification de droits adressée par France Travail après votre inscription fait foi : elle indique le montant journalier, la durée de vos droits et la date du premier jour indemnisé. Si vous préparez une rupture conventionnelle, estimez aussi votre indemnité avec notre simulateur d'indemnité de rupture conventionnelle.

    Ce qui peut changer en 2027

    • Revalorisation : la partie fixe (13,18 €) et l'allocation minimale (32,13 €) restent figées tant que le conseil d'administration de l'Unédic ne décide pas de les augmenter.
    • Plafond de salaire : la limite de 4 fois le plafond de la Sécurité sociale suivra le plafond 2027. Celui-ci a été annoncé à 48 900 € par an, mais l'arrêté qui le fixe n'était pas publié au 25 octobre 2026.
    • Diviseur du différé spécifique : la valeur 2027, qui remplacera 111,8 pour les fins de contrat de 2027, n'est pas encore publiée.
    • Cadre général : la convention d'assurance chômage qui fixe ces formules s'applique jusqu'au 31 décembre 2028.

    Questions fréquentes

    Quel pourcentage de mon salaire vais-je toucher au chômage ?

    L'allocation journalière représente entre 57 % et 75 % de votre salaire journalier de référence brut, selon votre niveau de salaire. Par rapport au salaire net, le taux varie d'une situation à l'autre : dans notre exemple hypothétique à 2 500 € brut par mois, l'allocation atteint environ 67 % du salaire net. Ce taux baisse si vous avez connu des périodes sans emploi, qui réduisent le SJR.

    Les primes et le 13e mois sont-ils pris en compte ?

    Oui. Le 13e mois, les primes de bilan et les gratifications perçues pendant la période de référence entrent dans le salaire de référence, qu'elles se rapportent ou non à cette période. En revanche, les sommes versées uniquement en raison de la fin du contrat (indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle, indemnité compensatrice de congés payés ou de préavis) sont exclues.

    Une indemnité de rupture conventionnelle élevée augmente-t-elle mon allocation ?

    Non. L'indemnité de rupture n'entre pas dans le salaire de référence, elle ne change donc pas le montant de l'allocation. Si elle dépasse le minimum légal, elle retarde en revanche le premier versement : la part en excédent, divisée par 111,8 en 2026, donne le nombre de jours de différé, dans la limite de 150 jours. La durée totale de vos droits n'est pas réduite pour autant.

    Pourquoi mon allocation est-elle plus faible que prévu ?

    Les causes les plus fréquentes sont des périodes sans contrat dans les 24 derniers mois, qui augmentent le diviseur du SJR, un emploi à temps partiel, qui réduit la partie fixe et le minimum, ou la retenue de 3 % pour la retraite complémentaire et la CSG. Vérifiez votre notification de droits et, en cas d'erreur, contactez France Travail en joignant vos bulletins de salaire.

    Comment l'arrêt maladie est-il pris en compte dans le calcul ?

    Les périodes d'arrêt maladie, de congé maternité ou d'activité partielle situées dans la période de référence ne pénalisent pas votre allocation. France Travail reconstitue le salaire que vous auriez normalement perçu pendant ces périodes et ne les retire pas du diviseur du SJR.

    Le montant de l'allocation reste-t-il le même pendant tout le chômage ?

    En principe oui, sauf dégressivité ou revalorisation. Si vous aviez moins de 55 ans à la fin du contrat et que votre allocation dépasse 92,57 € par jour, elle baisse à partir du 7e mois, sans descendre sous 92,57 €. Les montants peuvent aussi être revalorisés par l'Unédic, ce qui n'a pas été le cas au 1er juillet 2026. Le montant mensuel varie enfin si vous reprenez une activité.

    Sources officielles

    Ces informations sont générales et mises à jour à partir des sources officielles. Elles ne remplacent pas l'avis d'un avocat, d'un juriste ou de votre service RH, notamment si votre convention collective prévoit des règles particulières.