L'essentiel
- Démission : préavis fixé par la convention collective, aucune indemnité de rupture et, en principe, pas de chômage, sauf démission légitime ou projet de reconversion validé.
- Rupture conventionnelle : accord des deux parties, pas de préavis, indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement et droit à l'ARE, limité à 15 mois avant 55 ans pour un contrat qui prend fin depuis le 1er septembre 2026.
- Licenciement : préavis de 1 ou 2 mois selon l'ancienneté (aucun en cas de faute grave), indemnité légale dès 8 mois d'ancienneté (sauf faute grave ou lourde) et chômage quel que soit le motif.
- Abandon de poste : depuis le 19 avril 2023, il peut être assimilé à une démission après une mise en demeure, donc sans allocation chômage.
- Dans tous les cas, l'employeur vous remet certificat de travail, attestation France Travail et solde de tout compte, et vous paie les congés acquis non pris.
Quitter son entreprise : tout dépend de qui prend l'initiative
Un contrat de travail peut prendre fin de plusieurs façons, et la première question à se poser est simple : qui décide du départ ? La réponse commande presque tout le reste, à savoir l'existence d'un préavis, le versement d'une indemnité et le droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail, l'ancien Pôle emploi.
- Vous partez de votre propre chef. En CDI, c'est la démission. Depuis 2023, une absence injustifiée qui se prolonge après une mise en demeure peut produire le même effet.
- Vous et votre employeur êtes d'accord. La rupture conventionnelle met fin au CDI d'un commun accord, avec une indemnité et, en principe, le droit au chômage.
- L'employeur décide. C'est le licenciement, pour motif personnel ou économique, ou la mise à la retraite, possible d'office à partir de 70 ans.
- Le contrat arrive à son terme. Un CDD ou une mission d'intérim s'arrête à la date prévue, sans démarche particulière.
- Vous partez à la retraite. Le départ volontaire suppose que vous remplissiez les conditions pour liquider votre pension.
Le type de contrat compte aussi. La démission et la rupture conventionnelle sont réservées au CDI. Un CDD, lui, ne peut être rompu avant son terme que dans des cas précis : accord des deux parties, embauche du salarié en CDI, faute grave, force majeure ou inaptitude constatée par le médecin du travail.
Tableau comparatif : préavis, indemnité et chômage
Le tableau résume les règles générales applicables en 2026 à un salarié du secteur privé. Votre convention collective ou votre contrat peuvent prévoir un préavis ou une indemnité plus favorables.
| Mode de départ | Préavis | Indemnité de rupture | Allocation chômage (ARE) |
|---|---|---|---|
| Rupture conventionnelle (CDI) | Aucun. La date de fin est fixée dans la convention, au plus tôt le lendemain de l'homologation. | Au moins l'indemnité légale de licenciement, sans condition d'ancienneté. Le montant se négocie. | Oui. Pour un contrat qui prend fin depuis le 1er septembre 2026 : 15 mois au plus avant 55 ans, 20,5 mois ensuite. |
| Démission (CDI) | Pas de durée légale générale : convention collective, contrat ou usages. | Aucune. | Non, sauf démission légitime, projet de reconversion validé avant le départ ou réexamen après 121 jours de chômage. |
| Licenciement pour motif personnel ou économique | 1 mois de 6 mois à 2 ans d'ancienneté, 2 mois au-delà. Avant 6 mois : convention collective ou usages. | Indemnité légale dès 8 mois d'ancienneté : 1/4 de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà. | Oui, quel que soit le motif du licenciement. |
| Licenciement pour faute grave ou lourde | Aucun. | Pas d'indemnité légale, sauf convention, contrat ou usage plus favorable. | Oui. |
| Abandon de poste suivi d'une présomption de démission | En principe celui de la démission. | Aucune. | Non, sauf démission légitime ou réexamen après 121 jours. |
| Fin de CDD ou de mission d'intérim | Aucun : le contrat s'arrête à son terme. | Indemnité de fin de contrat ou de mission d'au moins 10 % de la rémunération brute totale, sauf exceptions. | Oui, si vous avez assez travaillé. Deux refus de CDI en 12 mois peuvent la faire perdre. |
| Départ volontaire à la retraite | Même durée que pour un licenciement. | Indemnité de départ à la retraite à partir de 10 ans d'ancienneté : de 1/2 mois à 2 mois de salaire. | Non : vous percevez votre pension. |
Pour chiffrer votre situation, utilisez le simulateur d'indemnité de rupture conventionnelle ou la page calculer son indemnité de licenciement. Les deux indemnités ont le même minimum légal, mais celle de la rupture conventionnelle est due même avec moins de 8 mois d'ancienneté.
Ce que vous recevez quel que soit le mode de départ
Certaines règles s'appliquent à toutes les fins de contrat, y compris à une démission :
- Les documents de fin de contrat. L'employeur vous remet un certificat de travail, l'attestation destinée à France Travail et le reçu pour solde de tout compte. Si l'entreprise propose une épargne salariale, il y ajoute un état récapitulatif de vos avoirs.
- Le solde de votre rémunération. Vous percevez votre salaire jusqu'au dernier jour, les primes prévues par votre contrat, l'indemnité compensatrice des congés payés acquis et non pris et, si l'employeur n'a pas levé votre clause de non-concurrence, sa contrepartie financière.
- Votre épargne salariale. La rupture du contrat, démission comprise, est un cas de déblocage anticipé du plan d'épargne entreprise (PEE) et de la participation bloquée. Pour ce motif, la demande peut être faite à tout moment. Elle ne permet pas, en revanche, de débloquer un plan d'épargne retraite d'entreprise collectif.
- Votre mutuelle d'entreprise. Elle est maintenue (on parle de portabilité) pendant votre chômage indemnisé, dans la limite de la durée de votre dernier contrat et de 12 mois. Il faut que la rupture ouvre droit à l'assurance chômage et ne résulte pas d'une faute lourde.
Partir de vous-même : démission ou rupture conventionnelle ?
Si vous souhaitez quitter votre CDI, vous avez le choix entre deux voies très différentes.
La démission : rapide, mais sans filet
Vous n'avez besoin de l'accord de personne et vous n'avez pas à vous justifier. Votre employeur ne peut pas refuser votre démission, mais vous devez en principe effectuer le préavis prévu par votre convention collective. Vous ne touchez aucune indemnité de rupture et, sauf exception, pas d'allocation chômage. Nos modèles de lettre de démission vous aident à formaliser votre départ.
La rupture conventionnelle : négociée, mais plus longue
Elle suppose l'accord de votre employeur, qui peut refuser sans motif, tout comme vous. La procédure comprend au moins un entretien, la signature d'une convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires et l'homologation en ligne par l'administration, qui dispose de 15 jours ouvrables. Comptez au moins cinq semaines entre la signature et le départ. En contrepartie, vous percevez une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement et vous avez droit au chômage.
Depuis le 1er janvier 2026, l'employeur verse une contribution de 40 % sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations, contre 30 % auparavant. Ce coût peut peser dans la discussion : préparez votre demande en conséquence.
Si votre employeur refuse, la démission n'est pas forcément une impasse. Vous pouvez toucher le chômage si vous démissionnez pour un projet de reconversion ou de création d'entreprise validé au préalable par Transitions Pro, à condition de justifier de 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois. Certaines démissions sont aussi jugées légitimes, par exemple pour suivre un conjoint muté.
Quand l'employeur met fin au contrat
Le licenciement est une décision de l'employeur qui doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. Il peut être motivé par votre personne (faute, insuffisance professionnelle, inaptitude) ou par un motif économique. Dans ce dernier cas, des mesures d'accompagnement spécifiques peuvent vous être proposées, comme le contrat de sécurisation professionnelle.
Si vous contestez votre licenciement et que le conseil de prud'hommes le juge sans cause réelle et sérieuse, l'indemnité accordée est encadrée par un barème qui dépend de votre ancienneté et de la taille de l'entreprise. Elle va par exemple de 3 à 10 mois de salaire brut pour 10 ans d'ancienneté dans une entreprise d'au moins 11 salariés.
La mise à la retraite est un cas à part. L'employeur peut mettre d'office un salarié à la retraite à partir de 70 ans. Entre 67 et 69 ans, il peut seulement le lui proposer, et le salarié est libre de refuser. Le préavis est alors le même que pour un licenciement. Si ces conditions ne sont pas respectées, la rupture est traitée comme un licenciement pour motif personnel.
Abandon de poste, prise d'acte, fin de CDD : les cas particuliers
L'abandon de poste ne mène plus au chômage
Depuis le 19 avril 2023, le salarié qui abandonne son poste et ne revient pas après une mise en demeure de son employeur est présumé démissionnaire. Le délai laissé pour reprendre le travail ne peut pas être inférieur à 15 jours. Ce salarié n'a donc, en principe, ni indemnité ni allocation chômage. Le dispositif ne concerne ni les CDD ni la période d'essai. Tous les détails figurent sur notre page consacrée à l'abandon de poste.
La prise d'acte, en cas de manquement grave de l'employeur
Un salarié en CDI peut rompre immédiatement son contrat lorsque son employeur commet des manquements graves qui rendent la poursuite du travail impossible : harcèlement, salaires impayés, modification du contrat imposée, par exemple. Il n'effectue pas de préavis et doit saisir le conseil de prud'hommes, qui requalifie la rupture. S'il s'agit d'un licenciement, le salarié obtient les indemnités correspondantes et peut toucher l'ARE après la décision. S'il s'agit d'une démission, il n'a pas droit au chômage et peut devoir une indemnité de préavis à son employeur. La prise d'acte est impossible pendant la période d'essai.
La fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim
À l'échéance, vous percevez l'indemnité de fin de contrat ou de mission, d'au moins 10 % de votre rémunération brute totale. Elle n'est pas due notamment si vous êtes embauché en CDI ou si vous refusez un CDI pour un emploi identique ou similaire, avec une rémunération au moins équivalente. Attention aussi au chômage : depuis les fins de contrat du 1er avril 2025, l'ARE n'est pas accordée au salarié qui a refusé deux propositions de CDI en ce sens au cours des 12 mois précédant la fin de son CDD.
Le chômage après un départ en 2026
L'ARE est réservée aux personnes privées involontairement de leur emploi : licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD ou de mission, démission légitime. Il faut aussi :
- avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois à partir de 55 ans. Depuis le 1er avril 2026, 108 jours ou 758 heures suffisent pour un premier droit, si vous n'avez pas été indemnisé au cours des 20 dernières années ;
- vous inscrire à France Travail dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat ;
- rechercher activement un emploi, être apte au travail et ne pas remplir les conditions d'une retraite à taux plein.
La durée d'indemnisation dépend de la période travaillée et de votre âge. Elle atteint au plus 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois à 55 et 56 ans, 27 mois à partir de 57 ans. Après une rupture conventionnelle dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026, elle est plafonnée à 15 mois avant 55 ans et à 20,5 mois ensuite. Le premier versement peut être retardé par des différés et un délai d'attente de 7 jours. Retrouvez le détail sur notre page le droit au chômage et estimez votre allocation avec la méthode décrite dans calculer son allocation chômage.
Ce qui change en 2027 et 2028
- Assurance chômage. La convention du 15 novembre 2024 qui fixe les règles de l'ARE s'applique jusqu'au 31 décembre 2028. Les règles applicables après cette date ne sont pas encore connues.
- Seuils indexés sur le plafond de la Sécurité sociale (PASS). Les limites d'exonération des indemnités de rupture et le diviseur du différé d'indemnisation sont actualisés au 1er janvier. Le PASS 2027 a été annoncé à 48 900 €, mais l'arrêté qui le fixe n'était pas publié au 25 octobre 2026.
- Projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027. Le projet déposé le 1er octobre 2026 prévoit de ramener à 1 PASS, au lieu de 2, le plafond d'exonération de cotisations et de CSG des indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) pour les ruptures prenant effet à partir du 1er janvier 2027. Ce n'est qu'un projet tant que le texte n'est pas voté.
- Âge de départ à la retraite. Après la suspension de la réforme des retraites, l'âge légal est de 63 ans pour les personnes nées entre le 1er avril et le 31 décembre 1965, de 63 ans et 9 mois pour la génération 1968 et de 64 ans à partir de la génération 1969. L'âge jusqu'auquel un chômeur âgé peut conserver ses droits jusqu'à la retraite suit le même calendrier.
Dans ce dossier
Abandon de poste
Depuis 2023, l'abandon de poste vaut présomption de démission : procédure, délai de 15 jours, chômage et recours.
Droit au chômage
Conditions, durée selon l'âge, plafond de 15 mois après une rupture conventionnelle, montant et démarches : l'ARE en 2026.
Démission
Préavis, lettre, sommes dues, rétractation et cas où la démission ouvre droit au chômage en 2026.
Le licenciement
Motifs, procédure, préavis, indemnités, barème prud'homal et chômage : vos droits face à un licenciement en 2026.
Rupture conventionnelle
Le guide complet de la rupture conventionnelle du CDI : conditions, procédure, indemnité, chômage et nouveautés 2026-2027.
Calculer sa retraite
Âge légal après la suspension de la réforme, trimestres, calcul de la pension et simulateurs officiels pour estimer votre retraite.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure façon de quitter son emploi ?
Il n'existe pas de réponse unique. Si votre employeur est d'accord, la rupture conventionnelle est souvent la plus protectrice : indemnité au moins égale au minimum légal et droit au chômage. Si vous avez déjà un nouvel emploi, une démission suffit. Si vous voulez vous reconvertir, la démission pour projet professionnel validé par Transitions Pro peut ouvrir droit à l'ARE. Vérifiez toujours votre convention collective.
Peut-on toucher le chômage en partant de son plein gré ?
En principe non, car l'ARE est réservée aux personnes privées involontairement de leur emploi. Il existe toutefois des exceptions : démission jugée légitime (suivre un conjoint muté, salaires impayés reconnus par le conseil de prud'hommes, violences conjugales avec plainte…), démission pour un projet de reconversion validé avant le départ, ou réexamen de votre situation après 121 jours de chômage.
Faut-il toujours effectuer un préavis ?
Non. Il n'y a pas de préavis en cas de rupture conventionnelle, de fin de CDD à son terme ou de licenciement pour faute grave. En cas de démission, de licenciement ou de départ à la retraite, un préavis est dû, sauf dispense. Si l'employeur vous dispense de préavis de sa propre initiative, il doit vous verser une indemnité compensatrice. S'il accepte votre propre demande de dispense, il ne vous doit rien pour la période non travaillée.
Mon employeur peut-il refuser ma démission ?
Non. La démission est une décision unilatérale du salarié en CDI : elle n'a pas besoin d'être acceptée, et vous pouvez démissionner à tout moment, y compris pendant un arrêt maladie ou un congé parental. Votre volonté doit simplement être claire et non équivoque. En revanche, l'employeur peut refuser de vous dispenser du préavis, et une démission ne peut être retirée qu'avec son accord.
Dans quel délai s'inscrire à France Travail après un départ ?
Vous pouvez vous inscrire dès le lendemain de votre dernier jour travaillé, ou à la fin de votre préavis. Pour percevoir l'ARE, l'inscription doit intervenir au plus tard dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat. Aucune allocation n'est versée pour les jours qui précèdent l'inscription : attendre retarde donc le premier paiement.
Abandon de poste ou démission : quelle différence aujourd'hui ?
L'effet est désormais proche. Depuis le 19 avril 2023, le salarié qui ne reprend pas son poste dans le délai fixé par une mise en demeure (15 jours au minimum) est présumé démissionnaire. Il n'a ni indemnité ni ARE, sauf démission légitime. L'abandon de poste est en plus source d'incertitude et de perte de salaire pendant l'absence : si vous voulez partir, une démission claire est préférable.
Sources officielles
- Service-Public — Démission d'un salarié
- Service-Public — Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé
- Service-Public — Indemnité de licenciement d'un salarié en CDI
- Service-Public — Abandon de poste d'un salarié du secteur privé
- Service-Public — Fin d'un contrat de travail à durée déterminée (CDD)
- Unédic — Conditions pour avoir droit aux allocations chômage
Ces informations sont générales et mises à jour à partir des sources officielles. Elles ne remplacent pas l'avis d'un avocat, d'un juriste ou de votre service RH, notamment si votre convention collective prévoit des règles particulières.