L'essentiel
- Jamais automatique : la période d'essai doit être prévue par écrit dans le contrat ou la lettre d'engagement ; elle commence le premier jour.
- CDI : 2, 3 ou 4 mois au maximum selon la catégorie, renouvelable une fois (4, 6 ou 8 mois) si un accord de branche étendu et le contrat le prévoient et que vous l'acceptez par écrit.
- CDD : 1 jour par semaine, dans la limite de 2 semaines (contrat de 6 mois au plus) ou d'1 mois ; intérim : 2, 3 ou 5 jours.
- Délais de prévenance : de 24 heures à 1 mois pour l'employeur selon votre présence, 24 ou 48 heures pour vous.
- Arrêt maladie : il repousse la fin de l'essai d'autant ; la rupture ne peut pas être motivée par la maladie.
La période d'essai : à quoi sert-elle et quand s'applique-t-elle ?
La période d'essai ouvre le contrat de travail. Elle permet à l'employeur d'évaluer vos compétences dans le poste, et à vous de vérifier que le poste, l'équipe et les conditions de travail vous conviennent. Pendant cette période, chacun peut mettre fin au contrat simplement, sans procédure de licenciement ni démission, en respectant un délai de prévenance.
Elle n'est jamais obligatoire. Elle ne s'applique que si votre contrat de travail ou votre lettre d'engagement la prévoit expressément, avec sa durée. Si rien n'est écrit, il n'y a pas de période d'essai. Lorsqu'elle est prévue, elle commence le premier jour de travail et ne peut pas être décalée à plus tard.
Elle se décompte en jours calendaires (tous les jours de la semaine, week-end compris), sauf disposition contraire de la convention collective ou du contrat. Les règles sont les mêmes à temps partiel : la période d'essai d'un salarié à temps partiel ne peut pas durer plus longtemps, en jours calendaires, que celle d'un salarié à temps plein.
Votre rémunération pendant l'essai est celle prévue par votre contrat : vous êtes un salarié comme les autres, avec les mêmes droits, notamment en matière de congés payés et de protection contre les discriminations. Notre article sur vos droits pendant la période d'essai revient sur ces points.
Durée maximale de la période d'essai en CDI
| Catégorie | Durée initiale maximale | Durée maximale avec renouvellement |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 2 mois | 4 mois |
| Agents de maîtrise et techniciens | 3 mois | 6 mois |
| Cadres | 4 mois | 8 mois |
Ces durées sont des plafonds. Votre convention collective ou votre contrat peut prévoir une période d'essai plus courte, mais pas plus longue. Depuis la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023, en vigueur depuis le 9 septembre 2023, les accords de branche conclus avant le 26 juin 2008 ne permettent plus de dépasser ces maximums légaux. Vérifiez ce que prévoit votre convention collective.
Pour la rédaction du contrat et ses autres clauses, consultez notre fiche sur le CDI.
Renouveler la période d'essai : trois conditions
En CDI, la période d'essai peut être renouvelée une seule fois, et uniquement si trois conditions sont réunies :
- un accord de branche étendu prévoit la possibilité de renouvellement et en fixe les conditions ;
- votre contrat de travail ou votre lettre d'engagement mentionne clairement cette possibilité ;
- vous donnez votre accord écrit (courrier ou e-mail) au renouvellement, pendant la période d'essai initiale.
L'employeur ne peut donc pas imposer d'emblée la durée totale, ni décider seul de prolonger l'essai. Vous êtes libre de refuser : dans ce cas, la période d'essai initiale va jusqu'à son terme, et l'employeur décide alors de vous garder ou de rompre l'essai avant la fin, en respectant le délai de prévenance.
Exemple (hypothèse). Une cadre est embauchée avec une période d'essai de 4 mois, renouvelable selon son contrat et l'accord de branche. Si elle accepte par écrit le renouvellement avant la fin du 4e mois, l'essai peut durer jusqu'à 8 mois au total. Sans cet accord écrit, il s'arrête au bout de 4 mois.
Notre article sur les conditions de renouvellement de la période d'essai détaille ces règles.
Période d'essai en CDD, en intérim et en apprentissage
En CDD
Sauf usage ou convention collective prévoyant une durée plus courte, la période d'essai d'un CDD est d'un jour par semaine de contrat :
- dans la limite de 2 semaines pour un CDD de 6 mois au plus ;
- dans la limite d'1 mois pour un CDD de plus de 6 mois.
Pour un CDD sans terme précis, la période d'essai se calcule sur la durée minimale prévue au contrat. Elle ne peut jamais être renouvelée, même si vous êtes d'accord.
Exemples (hypothèses). Un CDD de 6 semaines peut prévoir 6 jours d'essai au plus. Un CDD de 3 mois (environ 13 semaines) permet 13 jours d'essai au plus, ce qui reste sous la limite de 2 semaines. Un CDD de 4 mois (environ 17 semaines) donnerait 17 jours, ramenés à 2 semaines. Un CDD de 9 mois (39 semaines) donnerait 39 jours, plafonnés à 1 mois.
En intérim
À défaut de convention ou d'accord collectif, la période d'essai d'une mission d'intérim est de 2 jours au plus pour une mission d'un mois au maximum, de 3 jours pour une mission de 1 à 2 mois, et de 5 jours au-delà de 2 mois.
En apprentissage
Le contrat d'apprentissage obéit à une règle propre : pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non, l'employeur comme l'apprenti peuvent rompre le contrat par écrit, sans motif.
Ce qui réduit la période d'essai : CDD, missions, stage
Le temps déjà passé dans l'entreprise compte. Plusieurs situations réduisent la période d'essai prévue dans votre nouveau contrat :
- CDD suivi d'un CDI dans la même entreprise : la durée du CDD est déduite de la période d'essai du CDI. Si vous continuez à travailler après le terme du CDD sans nouveau contrat, celui-ci devient un CDI et vous conservez votre ancienneté.
- Intérim suivi d'une embauche par l'entreprise utilisatrice : la durée des missions effectuées chez elle au cours des 3 mois précédant l'embauche est déduite de la période d'essai.
- Stage de fin d'études suivi d'une embauche dans les 3 mois : la durée du stage est entièrement déduite si le poste correspond aux activités du stage, et déduite dans la limite de la moitié de la période d'essai dans le cas contraire.
- Apprentissage suivi d'une embauche dans la même entreprise : aucune période d'essai ne peut être imposée, sauf clause contraire de la convention collective.
Exemple (hypothèse). Après un stage de fin d'études de 3 mois, un jeune diplômé est embauché comme cadre avec 4 mois d'essai. Sur le même poste, l'essai est ramené à 1 mois ; sur un poste différent, à 2 mois.
Arrêt maladie, accident du travail et période d'essai
Si votre contrat est suspendu pendant l'essai, par exemple pour un arrêt maladie, la date de fin de la période d'essai est repoussée de la durée exacte de l'absence, dans la limite de la durée qui restait à courir.
Exemple (hypothèse). Un salarié a une période d'essai de 4 mois. Après 1 mois, il est arrêté 2 semaines : sa période d'essai se termine 2 semaines plus tard que prévu.
- Maladie non professionnelle : l'employeur ne peut pas rompre l'essai à cause de la maladie, car ce serait une rupture discriminatoire. Une rupture reste possible pour un motif lié à vos compétences, dans les conditions de la période d'essai.
- Accident du travail ou maladie professionnelle : la période d'essai ne peut pas être rompue pendant la suspension du contrat, sauf faute grave, et dans ce cas selon la procédure de licenciement pour motif personnel. Une rupture redevient possible à votre retour, dans les conditions habituelles.
Pour vos démarches et votre indemnisation pendant un arrêt, consultez notre page sur l'arrêt maladie.
Rompre la période d'essai : délais de prévenance
Pendant l'essai, l'employeur comme le salarié peuvent mettre fin au contrat sans avoir à justifier leur décision. Ils doivent seulement prévenir l'autre partie dans un certain délai.
| Temps de présence dans l'entreprise | Rupture par l'employeur | Rupture par le salarié |
|---|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures | 24 heures |
| De 8 jours à 1 mois | 48 heures | 48 heures |
| De 1 à 3 mois | 2 semaines | 48 heures |
| Plus de 3 mois | 1 mois | 48 heures |
Le délai de prévenance à la charge de l'employeur s'applique lorsque la période d'essai dure au moins une semaine. Il ne prolonge pas la période d'essai, renouvellement compris : si l'employeur prévient trop tard, la part du délai qui n'a pas été respectée vous donne droit à une indemnité compensatrice, égale aux salaires et avantages que vous auriez perçus jusqu'à la fin du délai, congés payés compris, sauf faute grave de votre part.
Exemple (hypothèse). La période d'essai d'un cadre s'achève le 30 avril. L'employeur lui annonce la rupture le 20 avril, après plus de 3 mois de présence : le délai de prévenance est d'un mois, mais l'essai ne peut pas être prolongé au-delà du 30 avril. Le salarié a droit à une indemnité compensatrice pour la partie du délai non effectuée, jusqu'au 20 mai.
Une liberté encadrée
La rupture doit être liée à l'évaluation de vos compétences. Une rupture fondée sur un motif sans rapport, par exemple discriminatoire, peut être jugée abusive par le conseil de prud'hommes. Le salarié qui rompt l'essai n'a aucune formalité particulière à respecter. Pour l'un comme pour l'autre, un écrit daté (lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre décharge, ou e-mail avec accusé de réception) permet de prouver la date à laquelle le délai a commencé. Le Code du travail numérique propose un modèle de lettre de rupture par l'employeur.
Si la période d'essai se termine sans rupture, la relation de travail continue automatiquement : aucune formalité n'est nécessaire.
Chômage et documents après une rupture de période d'essai
À la fin du contrat, l'employeur vous remet le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte. Vos droits au chômage dépendent de l'auteur de la rupture.
- Rupture par l'employeur : c'est une perte involontaire d'emploi. Vous pouvez percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi si vous avez travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois à partir de 55 ans.
- Rupture par le salarié : pour l'assurance chômage, elle produit les effets d'une démission et ne donne pas droit, en principe, à l'allocation.
L'Unédic prévoit plusieurs exceptions à ce principe :
- vous avez quitté, avant 65 jours travaillés, un emploi pris juste après une perte involontaire d'emploi (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle), sans vous être inscrit à France Travail entre les deux ;
- vous aviez repris un emploi alors que vous étiez indemnisé, et vous rompez l'essai dans les 4 premiers mois, soit 88 jours ou 610 heures travaillés depuis la fin du contrat qui avait ouvert vos droits : le versement de vos allocations peut reprendre ;
- l'emploi quitté a duré moins de 6 jours travaillés ou représentait moins de 17 heures par semaine.
Hors de ces cas, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale de réexaminer votre situation après 121 jours de chômage, en justifiant de vos recherches d'emploi. Le détail figure dans notre guide du droit au chômage.
Questions fréquentes
La période d'essai est-elle obligatoire ?
Non. Elle ne s'applique que si votre contrat de travail ou votre lettre d'engagement la prévoit expressément, avec sa durée. Si elle n'est pas mentionnée, votre contrat est définitif dès le premier jour. Lorsqu'elle est prévue, elle s'impose à vous, commence dès votre premier jour de travail et ne peut pas dépasser les durées maximales fixées par la loi, même si votre convention collective est ancienne.
Mon employeur peut-il renouveler ma période d'essai sans mon accord ?
Non. Le renouvellement d'une période d'essai en CDI suppose un accord de branche étendu qui l'autorise, une clause du contrat qui le prévoit et votre accord écrit, donné pendant la période initiale. Un simple courrier de l'employeur ne suffit pas. Si vous refusez, la période d'essai prend fin à sa date initiale, et l'employeur peut la rompre avant ce terme s'il le souhaite. En CDD, aucun renouvellement n'est possible.
Faut-il une lettre pour rompre une période d'essai ?
Le salarié qui part n'a aucune formalité particulière à respecter, mais un écrit est vivement conseillé, pour lui comme pour l'employeur, afin de dater le début du délai de prévenance : lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre décharge ou e-mail avec accusé de réception. Aucun des deux n'a à motiver sa décision. Le Code du travail numérique met à disposition un modèle de lettre de rupture par l'employeur.
Peut-on rompre ma période d'essai pendant un arrêt maladie ?
L'employeur ne peut pas rompre l'essai à cause de votre maladie : ce serait une rupture discriminatoire. Il peut en revanche le rompre pour un motif lié à vos compétences. L'arrêt repousse la fin de la période d'essai de sa durée exacte. En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, aucune rupture n'est possible pendant l'arrêt, sauf faute grave.
A-t-on droit au chômage après une rupture de période d'essai ?
Oui si c'est l'employeur qui rompt : c'est une perte involontaire d'emploi, indemnisable si vous avez travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois. Si c'est vous qui rompez, c'est assimilé à une démission et l'allocation n'est en principe pas due. Des exceptions existent, notamment si vous quittez un emploi repris pendant votre indemnisation dans les 88 premiers jours travaillés.
Quelle est la période d'essai d'un CDD de 3 mois ?
Un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines pour un CDD de 6 mois au plus. Un CDD de 3 mois compte environ 13 semaines : la période d'essai peut donc aller jusqu'à 13 jours, sous la limite de 2 semaines. Votre convention collective ou un usage peut prévoir moins. La période d'essai d'un CDD ne peut jamais être renouvelée, même avec votre accord.
Une période d'essai peut-elle dépasser les durées légales ?
Non. Depuis le 9 septembre 2023, les accords de branche conclus avant le 26 juin 2008 ne peuvent plus prévoir des durées plus longues que celles du Code du travail : 2, 3 ou 4 mois selon la catégorie, 4, 6 ou 8 mois avec le renouvellement. Une convention collective ou votre contrat peuvent en revanche prévoir une période d'essai plus courte.
Sources officielles
- Service-Public — Période d'essai pour un salarié
- Service-Public — Arrêt maladie pendant la période d'essai
- Entreprendre.Service-Public — Fin des durées d'essai conventionnelles plus longues
- Code du travail numérique — Embauche à la fin d'un stage : conséquences sur la période d'essai
- Code du travail numérique — Modèle de lettre de rupture de période d'essai par l'employeur
- Unédic — Rupture du contrat pendant la période d'essai et allocations chômage
Ces informations sont générales et mises à jour à partir des sources officielles. Elles ne remplacent pas l'avis d'un avocat, d'un juriste ou de votre service RH, notamment si votre convention collective prévoit des règles particulières.