Repère SalariéLe guide des droits du salarié

Contrats de travail : CDI, CDD, intérim, temps partiel, apprentissage, stage et portage

Mis à jour le 25 octobre 2026Lecture : 7 min

En France, le CDI est la forme normale du contrat de travail. Les contrats temporaires (CDD, intérim) ne sont autorisés que dans des cas prévus par la loi, l'apprentissage et le portage obéissent à des règles propres, et le stage n'est pas un contrat de travail. Ce guide compare leurs règles en 2026 : durée, forme, fin de contrat et indemnités.

L'essentiel

  • Le CDI est la règle : le Code du travail en fait « la forme normale et générale de la relation de travail » (article L1221-2).
  • CDD et intérim : 18 mois au maximum dans le cas général, et une indemnité de fin de contrat d'au moins 10 % du brut perçu, sauf exceptions.
  • Écrit obligatoire pour le CDD, l'intérim, le temps partiel, l'apprentissage et le portage ; un CDI à temps plein peut être verbal, mais l'employeur doit vous remettre des informations écrites.
  • Le stage n'est pas un contrat de travail : convention de stage et gratification d'au moins 4,50 € de l'heure en 2026 au-delà de 2 mois.
  • Smic de référence : 12,31 € brut de l'heure depuis le 1er juin 2026, base du salaire minimum des apprentis.

Les contrats de travail en France : le CDI comme règle

Le Code du travail pose un principe simple : le contrat à durée indéterminée (CDI) est « la forme normale et générale de la relation de travail » (article L1221-2). Un contrat avec une date de fin n'est possible que dans les cas et aux conditions prévus par la loi. Autrement dit, un employeur ne choisit pas librement entre CDI et CDD : il doit justifier le recours à un contrat temporaire.

À côté de ces deux contrats de base, d'autres formules répondent à des situations particulières : l'intérim, qui fait intervenir une agence, l'apprentissage, qui associe travail et formation, ou le portage salarial, qui permet de travailler en indépendant tout en restant salarié. Le temps partiel, lui, n'est pas un contrat à part : c'est une durée de travail réduite, en CDI comme en CDD. Enfin, le stage n'est pas un contrat de travail du tout.

Ce guide compare ces formules pour 2026. Le détail de chaque contrat se trouve dans les fiches présentées plus bas sur cette page.

Tableau comparatif des principaux contrats

ContratDuréeÉcrit obligatoire ?Ce qu'il faut retenir
CDISans date de finNon à temps plein, sauf convention collective ; oui à temps partielFin par démission, licenciement, rupture conventionnelle ou retraite ; indemnité légale de licenciement à partir de 8 mois d'ancienneté
CDD18 mois au maximum dans le cas général, renouvellements comprisOui, avec un motif précisIndemnité de fin de contrat d'au moins 10 % du brut perçu, sauf exceptions
Intérim (contrat de mission)18 mois au maximum dans le cas généralOuiIndemnité de fin de mission d'au moins 10 %, plus une indemnité de congés payés d'au moins 10 %
Temps partielCDI ou CDD de moins de 35 heures par semaineOui24 heures par semaine au minimum, sauf dérogations ; heures complémentaires majorées
ApprentissageContrat à durée limitée de 6 mois à 3 ans, ou CDIOuiDe 16 à 29 ans révolus, sauf exceptions ; salaire minimum fixé en pourcentage du Smic
Stage6 mois au maximum par organisme d'accueil et par année d'enseignementConvention de stage (pas de contrat de travail)Gratification d'au moins 4,50 € de l'heure en 2026 au-delà de 2 mois
Portage salarialCDD de 18 mois au maximum, ou CDIOuiLe salarié porté trouve lui-même ses clients ; les périodes sans mission ne sont pas payées

Sources : Service-Public (fiches sur le contrat écrit, le CDD, l'apprentissage, le stage et le portage salarial), vérifiées en 2026. Les durées indiquées sont celles du cas général : une convention ou un accord de branche peut en prévoir d'autres pour le CDD.

Le CDI : le contrat de droit commun

Le CDI n'a pas de terme. À temps plein, il peut même être conclu sans écrit, sauf si la convention collective l'impose. L'employeur doit tout de même vous remettre une copie de la déclaration préalable à l'embauche et, depuis le 1er novembre 2023, un document reprenant les informations essentielles de votre emploi : au plus tard le 7e jour calendaire après l'embauche pour les principales (poste, lieu de travail, date d'embauche, période d'essai, rémunération), et dans le mois pour les autres.

Le CDI peut commencer par une période d'essai de 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens et 4 mois pour les cadres, renouvelable une fois sous conditions. Notre guide sur la période d'essai détaille ces règles, et la fiche le CDI présente son contenu et ses modes de rupture.

Deux variantes existent :

  • le CDI de chantier ou d'opération (souvent appelé CDI de projet), qui prend fin quand le chantier est terminé et n'est possible que dans certaines branches ;
  • le contrat de valorisation de l'expérience, dit « CDI senior », ouvert à titre expérimental aux demandeurs d'emploi d'au moins 60 ans (57 ans si un accord de branche le prévoit). Il peut être conclu jusqu'au 24 octobre 2030.

Le CDD et l'intérim : des contrats temporaires très encadrés

Un CDD doit toujours correspondre à une tâche précise et temporaire : remplacer un salarié absent, faire face à un accroissement temporaire d'activité, pourvoir un emploi saisonnier, etc. Il ne peut jamais servir à occuper durablement un emploi permanent, ni à remplacer un salarié en grève. Il est écrit, mentionne son motif et dure 18 mois au maximum dans le cas général. Entre deux CDD sur le même poste, un délai de carence s'applique en principe.

Dans l'intérim, vous êtes salarié d'une entreprise de travail temporaire, qui vous met à disposition d'une entreprise utilisatrice pour une mission. La mission dure elle aussi 18 mois au maximum dans le cas général.

Ces deux contrats ouvrent droit à une indemnité de fin de contrat ou de mission d'au moins 10 % de la rémunération brute totale, souvent appelée « prime de précarité ». Elle n'est pas due, notamment, si vous êtes embauché en CDI à l'issue du contrat.

Refus de CDI : si votre employeur vous propose par écrit un CDI pour un poste équivalent à la fin de votre CDD ou de votre mission, et que vous refusez, il doit en informer France Travail. Deux refus en 12 mois peuvent vous priver de l'allocation chômage ; selon France Travail, cette règle vise les fins de contrat à partir du 1er avril 2025.

Le temps partiel : une durée de travail réduite

Un salarié à temps partiel travaille moins que la durée d'un temps plein (35 heures par semaine, ou la durée conventionnelle si elle est inférieure). Son contrat, CDI ou CDD, doit être écrit et préciser notamment sa qualification, sa rémunération et ses horaires. À défaut d'écrit, le contrat est considéré comme un temps plein.

Sauf convention collective, la durée minimale est de 24 heures par semaine. Des dérogations existent, par exemple à la demande du salarié pour contraintes personnelles ou cumul d'activités, ou pour un étudiant de moins de 26 ans. Les heures complémentaires sont limitées au dixième de la durée prévue au contrat (au tiers si une convention le permet) : elles sont majorées de 10 % dans la limite du dixième, puis de 25 %. La fiche consacrée au temps partiel, dans la liste ci-dessous, détaille ces règles.

Apprentissage et stage : se former en entreprise

Le contrat d'apprentissage

L'apprentissage est un vrai contrat de travail, qui alterne formation dans un centre de formation et travail en entreprise. Il s'adresse en principe aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, avec des exceptions (pas de limite d'âge, par exemple, pour un travailleur handicapé ou un projet de création d'entreprise). Il prend la forme d'un contrat à durée limitée de 6 mois à 3 ans, ou d'un CDI qui commence par une période d'apprentissage.

Le salaire minimum dépend de l'âge et de l'année de formation, en pourcentage du Smic (1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026). Il va de 27 % du Smic, soit 504,09 € brut, pour un apprenti de 16-17 ans en 1re année, à 100 % du Smic à partir de 26 ans.

La convention de stage

Le stagiaire n'est pas salarié : le stage repose sur une convention de stage signée notamment par l'étudiant, l'organisme d'accueil et l'établissement d'enseignement. Il dure 6 mois au maximum par organisme d'accueil et par année d'enseignement. Un stagiaire ne peut pas remplacer un salarié absent, occuper un poste permanent, absorber un surcroît d'activité ou tenir un emploi saisonnier.

Au-delà de 2 mois consécutifs, ou à partir de la 309e heure en cas de stage discontinu, une gratification est obligatoire : au moins 4,50 € par heure de présence en 2026, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (30 €). Une convention collective peut prévoir davantage.

Le portage salarial : salarié, mais avec ses propres clients

Le portage salarial repose sur une relation à trois : vous signez un contrat de travail avec une entreprise de portage et vous réalisez des prestations pour des entreprises clientes que vous avez trouvées vous-même. Il faut des compétences reconnues : au moins un niveau bac + 2 ou 3 ans d'expérience dans le même secteur.

Le contrat peut être un CDD (18 mois au maximum, renouvellement compris) ou un CDI. Dans les deux cas, les périodes sans prestation ne sont pas rémunérées. La rémunération minimale est fixée par l'accord de branche en pourcentage du plafond de la Sécurité sociale. Les services à la personne (ménage, garde d'enfants, soutien scolaire…) ne peuvent pas être exercés en portage.

Avant de signer un contrat de travail : les points à vérifier

  • Le type de contrat et, pour un CDD ou une mission, le motif précis et la date de fin (ou la durée minimale).
  • La période d'essai : elle ne s'applique que si le contrat ou la lettre d'engagement la prévoit.
  • La rémunération : jamais inférieure au Smic (12,31 € brut de l'heure depuis le 1er juin 2026) ni au minimum de votre convention collective.
  • Les clauses particulières, en particulier une clause de non-concurrence, qui n'est valable qu'avec une contrepartie financière.
  • Le lieu et la durée du travail, surtout à temps partiel, où les horaires doivent figurer au contrat.

Si l'on vous a d'abord adressé une promesse d'embauche, vérifiez que le contrat reprend bien ce qui avait été convenu. Notre article contrat de travail : 5 points à vérifier avant de signer complète cette liste.

En 2027 et 2028 : ce qui est déjà connu

  • Smic : le montant applicable au 1er janvier 2027 n'est pas encore connu. Il sera fixé par décret fin 2026 et servira de base au salaire minimum des apprentis.
  • Gratification de stage : elle est égale à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Son montant 2027 dépendra du plafond 2027, fixé par arrêté en fin d'année.
  • CDI senior : l'expérimentation du contrat de valorisation de l'expérience court jusqu'au 24 octobre 2030. L'exonération de la contribution patronale de 40 % sur l'indemnité de mise à la retraite vaut pour les ruptures intervenant jusqu'au 31 décembre 2028.
  • Chômage en fin de CDD ou de mission : les règles d'indemnisation découlent de la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, conclue jusqu'au 31 décembre 2028.

Dans ce dossier

Le CDD

Motifs autorisés, durée, renouvellement, délai de carence, prime de précarité, rupture anticipée et requalification en CDI.

Le CDI de projet

Le CDI de chantier ou d'opération : qui peut y recourir, comment il se termine et quelle indemnité vous percevez.

Le CDI

Contenu du contrat, période d'essai, modes de rupture et droits du salarié en CDI, y compris le nouveau CDI senior.

Clause de non-concurrence

Validité, contrepartie financière, renonciation de l'employeur et rupture conventionnelle : ce que la clause peut vous imposer.

Conseils CV

Rubriques, longueur, adaptation à l'offre et informations qu'un recruteur ne peut pas exiger : le guide pour rédiger votre CV.

Le contrat d'apprentissage

Conditions d'âge, durée, grille de salaire 2026 en euros, aides à l'embauche, congés, rupture du contrat et chômage.

Le stage

Convention tripartite, durée maximale, gratification de 4,50 € de l'heure en 2026, droits du stagiaire, interruption du stage.

Le CSP

Licenciement économique : conditions du CSP, délai de 21 jours, allocation de 75 %, préavis, primes de reclassement et suite en 2027.

L'intérim

Contrat de mission, durées maximales, prime de fin de mission de 10 %, congés payés, délai de carence, rupture anticipée et CDI intérimaire.

La lettre de motivation

Plan vous-moi-nous, mise en page, e-mail de candidature, vos droits face au recruteur et modèles de lettre par métier.

La période d'essai

Durées en CDI, CDD et intérim, renouvellement, délais de prévenance, arrêt maladie pendant l'essai, rupture et droit au chômage.

Le portage salarial

Relation à trois, conditions d'accès, CDD ou CDI de portage, rémunération minimale, inter-missions, chômage et rupture conventionnelle.

Le temps partiel

Contrat écrit, 24 heures minimum et dérogations, heures complémentaires majorées, compléments d'heures, priorité pour un temps plein et retraite.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un CDD et un CDI ?

Le CDI n'a pas de date de fin : c'est la forme normale du contrat de travail. Le CDD a un terme fixé dès la signature, ou dépendant de la réalisation de son objet, et n'est permis que pour une tâche précise et temporaire prévue par la loi, comme un remplacement. Il doit être écrit, dure 18 mois au maximum dans le cas général et ouvre droit à une indemnité de fin de contrat de 10 %.

Un contrat de travail doit-il obligatoirement être écrit ?

Pas toujours. Un CDI à temps plein peut être verbal, sauf si la convention collective impose un écrit ; l'employeur doit alors vous remettre une copie de la déclaration préalable à l'embauche et les informations écrites prévues depuis novembre 2023. L'écrit est en revanche obligatoire pour le CDD, le temps partiel, l'intérim, l'apprentissage, le contrat de professionnalisation et le portage salarial.

Un stage est-il un contrat de travail ?

Non. Le stagiaire n'est pas salarié : le stage repose sur une convention de stage liée à un cursus d'études. Il ne peut pas servir à remplacer un salarié ou à occuper un poste permanent. Au-delà de 2 mois consécutifs, l'organisme d'accueil doit verser une gratification d'au moins 4,50 € par heure de présence en 2026, un montant exonéré de cotisations dans cette limite.

Qu'est-ce que la prime de précarité ?

C'est le nom courant de l'indemnité de fin de contrat versée à la fin d'un CDD ou d'une mission d'intérim. Elle est égale à au moins 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat, et versée avec le dernier salaire. Elle n'est pas due notamment si vous êtes embauché en CDI, si vous refusez un CDI équivalent ou pour un contrat saisonnier ou d'usage.

Combien de temps peut durer un contrat d'intérim ?

Dans le cas général, une mission d'intérim dure 18 mois au maximum, comme le CDD. À la fin de la mission, l'entreprise de travail temporaire vous verse une indemnité de fin de mission d'au moins 10 % de la rémunération brute, sauf si vous êtes embauché immédiatement en CDI par l'entreprise utilisatrice, ainsi qu'une indemnité de congés payés.

Qu'est-ce que le CDI senior ?

C'est le contrat de valorisation de l'expérience, créé à titre expérimental par la loi du 24 octobre 2025. Il permet d'embaucher en CDI un demandeur d'emploi d'au moins 60 ans (57 ans si un accord de branche le prévoit) qui n'a pas droit à une retraite à taux plein. L'employeur pourra le mettre à la retraite quand il remplira les conditions du taux plein. Il peut être signé jusqu'au 24 octobre 2030.

Sources officielles

Ces informations sont générales et mises à jour à partir des sources officielles. Elles ne remplacent pas l'avis d'un avocat, d'un juriste ou de votre service RH, notamment si votre convention collective prévoit des règles particulières.