L'essentiel
- Conditions communes : 130 jours ou 910 heures travaillés sur 24 mois (36 mois à partir de 55 ans) et inscription à France Travail dans les 12 mois.
- Rupture conventionnelle : la voie la plus directe en CDI, avec un chômage plafonné à 15 mois avant 55 ans pour une fin de contrat depuis le 1er septembre 2026.
- Démission : ARE seulement si elle est légitime, si votre projet est validé par Transitions Pro avant le départ, ou après un réexamen au bout de 121 jours.
- CDD : la fin au terme, même modifié d'un commun accord, ouvre droit à l'ARE ; une rupture à votre initiative, non.
- Abandon de poste : présomption de démission, donc pas de chômage en principe (voir le détail).
Quitter son emploi et toucher le chômage : la règle de base en 2026
L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) indemnise la perte involontaire d'un emploi. France Travail la verse si vous remplissez aussi les conditions générales : avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours des 24 derniers mois (36 mois si vous avez 55 ans ou plus à la fin du contrat), vous inscrire dans les 12 mois, rechercher activement un emploi et ne pas remplir les conditions d'une retraite à taux plein. Le montant et la durée sont détaillés sur notre page droit au chômage.
La vraie question est donc de savoir quel mode de départ correspond à votre situation. Le tableau compare les principales sorties.
| Mode de départ | Droit à l'ARE | Point clé |
|---|---|---|
| Rupture conventionnelle (CDI) | Oui | Accord de l'employeur indispensable ; 15 mois d'ARE au plus avant 55 ans pour une fin de contrat depuis le 1er septembre 2026 |
| Licenciement, même pour faute grave | Oui | Décidé par l'employeur, pas par vous |
| Fin de CDD ou de mission d'intérim | Oui | Sauf deux refus de CDI en 12 mois |
| Démission légitime | Oui | Liste fermée de motifs |
| Démission pour reconversion | Oui | Projet validé par Transitions Pro avant la démission |
| Prise d'acte ou résiliation judiciaire | Seulement si le juge retient les torts de l'employeur | Procédure devant le conseil de prud'hommes |
| Démission ordinaire | Non | Réexamen possible après 121 jours |
| Abandon de poste | Non | Présumé valoir démission |
| Rupture de la période d'essai à votre initiative | Non, sauf exception | Départ volontaire |
1. Négocier une rupture conventionnelle
En CDI, la rupture conventionnelle est la voie la plus directe pour partir à votre initiative en gardant vos droits, à condition que l'employeur accepte. Vous percevez une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement. La convention est signée après au moins un entretien, puis viennent un délai de rétractation de 15 jours calendaires et l'homologation par l'administration. Deux règles comptent pour le chômage :
- pour un contrat qui prend fin depuis le 1er septembre 2026, l'ARE dure au plus 15 mois avant 55 ans et 20,5 mois ensuite, contre 18 mois avant 55 ans après un licenciement ;
- la part de l'indemnité qui dépasse le minimum légal retarde le premier versement d'un jour par tranche de 111,8 € en 2026, dans la limite de 150 jours, avant le différé lié aux congés payés et 7 jours d'attente.
Un calendrier complet figure dans notre article sur le chômage après une rupture conventionnelle.
2. Vérifier si votre démission peut être légitime
La démission est un départ volontaire, donc sans ARE en principe. Le règlement d'assurance chômage reconnaît toutefois des démissions légitimes, indemnisées normalement. Parmi les plus fréquentes :
- suivre son conjoint, partenaire de Pacs ou concubin qui change de lieu de travail pour un motif professionnel ;
- déménager moins de 2 mois après un mariage ou un Pacs, quand le nouveau domicile est trop éloigné du travail ;
- changer de domicile en raison de violences conjugales, avec dépôt de plainte ;
- salaires non payés, avec une décision du conseil de prud'hommes condamnant l'employeur ;
- violences ou harcèlement subis au travail, avec dépôt de plainte ;
- quitter, dans les 65 premiers jours travaillés, un emploi repris après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, sans s'être inscrit à France Travail entre-temps.
Si vous quittez un emploi repris alors que vous étiez déjà indemnisé, le versement de vos droits restants reprend lorsque cet emploi a duré moins de 88 jours travaillés ou 610 heures. Toutes les situations figurent sur notre page démission.
3. Démissionner pour un projet de reconversion
Un salarié en CDI peut démissionner et toucher l'ARE pour une reconversion nécessitant une formation, ou pour créer ou reprendre une entreprise. L'ordre des étapes est impératif :
- justifier d'au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois ;
- formaliser le projet avec un conseil en évolution professionnelle (CEP), avant toute démission ;
- obtenir de Transitions Pro une attestation du caractère réel et sérieux du projet ;
- démissionner, puis s'inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant la validation.
France Travail vérifie, au plus tard 6 mois après l'ouverture des droits, que vous mettez le projet en œuvre. Pour une création d'activité, lisez aussi les règles à connaître avant de se mettre à son compte.
4. En CDD : ce qui préserve vos droits
La fin d'un CDD à son terme ouvre droit à l'ARE. Selon l'Unédic, c'est aussi le cas lorsque la durée du contrat est modifiée d'un commun accord : la fin du contrat modifié reste un chômage involontaire. La rupture anticipée décidée par l'employeur ouvre également droit à l'allocation. En revanche, si vous mettez fin vous-même au CDD, vous n'y avez pas droit, sauf démission légitime.
Attention aux propositions de CDI : pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2025, deux refus en 12 mois d'un CDI proposé par écrit, pour un emploi identique ou similaire et une rémunération au moins équivalente, empêchent l'ouverture de droits.
5. Si l'employeur manque gravement à ses obligations
Salaires impayés pendant plusieurs mois, harcèlement, modification du contrat sans votre accord : deux recours existent.
- La prise d'acte rompt immédiatement le contrat. Le conseil de prud'hommes, qui doit statuer en un mois, la requalifie en licenciement si les manquements sont établis : l'ARE est alors due depuis la fin du contrat, mais versée après la décision. Sinon, elle produit les effets d'une démission, sans chômage.
- La résiliation judiciaire se demande au juge pendant que vous continuez à travailler. Si elle est prononcée, vous avez droit aux indemnités de licenciement et à l'ARE.
Faites-vous conseiller par un défenseur syndical ou un avocat avant d'agir.
Ce qu'il vaut mieux éviter
- L'abandon de poste : depuis le 19 avril 2023, il vaut présomption de démission après une mise en demeure laissant au moins 15 jours pour reprendre le travail. Voir notre page abandon de poste.
- La rupture de la période d'essai à votre initiative : c'est un départ volontaire. Exception : si vous aviez perdu involontairement votre emploi précédent, sans vous inscrire à France Travail, et que vous partez avant 65 jours travaillés.
- Démissionner sans solution : hors démission légitime, il faut attendre 121 jours de chômage et demander un réexamen à l'instance paritaire régionale, qui peut accorder l'ARE à partir du 122e jour si vous prouvez vos recherches, ou retravailler au moins 65 jours ou 455 heures.
En 2027 et 2028
Les règles décrites ici sont celles de la convention d'assurance chômage du 15 novembre 2024, applicable jusqu'au 31 décembre 2028. Le plafond de 15 mois propre à la rupture conventionnelle, issu de la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, vaut pour toutes les ruptures dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026. Le diviseur du différé spécifique, 111,8 en 2026, sera actualisé au 1er janvier 2027 en fonction du plafond de la Sécurité sociale.
Questions fréquentes
Peut-on toucher le chômage après une démission ?
Seulement dans trois cas : si la démission est reconnue légitime par le règlement d'assurance chômage (suivre un conjoint muté, salaires impayés reconnus par les prud'hommes…), si votre projet de reconversion ou de création a été validé par Transitions Pro avant la démission, ou après un réexamen de votre situation au bout de 121 jours de chômage. Retravailler au moins 65 jours ou 455 heures permet aussi de retrouver des droits.
Combien de temps faut-il avoir travaillé pour toucher l'ARE ?
Au moins 130 jours travaillés ou 910 heures, soit environ 6 mois, au cours des 24 mois qui précèdent la fin du contrat, ou des 36 mois si vous avez 55 ans ou plus. Plusieurs contrats chez des employeurs différents s'additionnent. Depuis le 1er avril 2026, une personne qui n'a pas été indemnisée au cours des 20 dernières années peut ouvrir des droits avec 108 jours ou 758 heures.
Une rupture conventionnelle est-elle possible en CDD ?
Non, la rupture conventionnelle est réservée au CDI. Un CDD ne peut être rompu avant son terme qu'en cas d'accord entre les parties, de faute grave, de force majeure, d'inaptitude ou d'embauche en CDI. Pour l'assurance chômage, la fin d'un CDD dont la durée a été modifiée d'un commun accord reste un chômage involontaire, alors qu'une rupture à votre seule initiative n'ouvre pas de droits.
Quels documents faut-il pour s'inscrire à France Travail ?
L'inscription se fait en ligne, ou en agence si vous n'avez pas accès à Internet. Prévoyez une pièce d'identité, votre numéro de sécurité sociale et un justificatif de domicile, puis l'attestation remise par votre employeur et vos derniers bulletins de salaire. Un entretien avec un conseiller a lieu dans les 30 jours, et vous devez ensuite actualiser votre situation chaque mois.
Le chômage est-il plus court après une rupture conventionnelle qu'après un licenciement ?
Oui, depuis la réforme applicable aux contrats qui prennent fin à partir du 1er septembre 2026. Après une rupture conventionnelle individuelle, l'ARE dure au plus 15 mois avant 55 ans et 20,5 mois ensuite. Après un licenciement, le maximum reste de 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois à 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans.
Sources officielles
- Unédic — Allocations chômage après une fin de CDD
- Unédic — Fiche thématique : rupture conventionnelle
- Unédic — Fiche thématique : démission
- Unédic — Rupture pendant la période d'essai et allocations chômage
- Service-Public — Prise d'acte de la rupture du contrat de travail
- Service-Public — Résiliation judiciaire du contrat de travail
Ces informations sont générales et mises à jour à partir des sources officielles. Elles ne remplacent pas l'avis d'un avocat, d'un juriste ou de votre service RH, notamment si votre convention collective prévoit des règles particulières.